|
|
![]() |
||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||
Pourquoi ouvrir, aujourd’hui, une maison d’édition ?
sur l'éditrice: Portrait part1 part2 (Elle, mai 2010)
|
|||||||||||||||||
|
|
Peut-être qu’au-delà de la nature et de la culture le sauvage perdra peu à peu tous les lieux où il pouvait encore s’inscrire, peut-être ne lui restera-t-il, au fond, que la forêt comme le seul lieu où son nom l’a toujours guidé. Mais c’est d’abord en tant que catégorie anthropologique qu’il s’effacera pour devenir ce qu’il a toujours été, un personnage majeur de la culture occidentale, l’une des formes d’humanité qu’elle s’est données et qui lui pose sans cesse le problème : comment pouvoir faire de ce qu’il y a de plus extérieur à soi sa propre demeure ? Comment sortir de son intériorité ? Voilà une des manières d’ordonner cette bibliothèque spontanée de la sauvagerie, façon de rendre public ce que l’anthropologie depuis quelques années sait d’elle-même, qu’il est vain de vouloir tirer d’une quelconque extériorité un surplomb sur soi-même, que la lointaine étrangeté du sauvage ne nous révèle pas ce qu’il y a en nous de plus familier mais appartient par avance à notre famille, à notre foyer ; manière aussi de faire sentir à quel point l’espace occidental a changé si désormais les lieux les plus sauvages appartiennent de plein droit à sa géographie et son histoire en raison même de leur visible extériorité. Grégory
Hosteins, «L’anthropologie sauvage»
|
||||||||||||||||
(c)
editions des sauvages 3 rte de meyrin 1202 geneve +41 22 320 12 01 valerie
(a) editionsdessauvages.ch |
|||||||||||||||||